Dirigeants, comment affronter la garde à vue
Sans avoir forcément l’intention d’y passer un jour, des centaines de dirigeants-directeurs généraux, juridiques, financiers-prennent la peine de suivre une formation pratique pour se préparer à la garde à vue.
Le commissaire a l’air sûr de lui. « Comme vous l’a notifié mon collègue, vous êtes en garde à vue. On vous a dit vos droits. Nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet. Vous devez vous douter des faits qui vous amènent ici. » Le brigadier est impassible. Mais Pierre, directeur juridique d’une grosse PME, est certain de n’avoir rien à se reprocher. Et pour cause : il participe à une formation « mise en situation » à l’audition, la garde à vue ou la perquisition, auxquelles les dirigeants d’entreprise sont de plus en plus confrontés.
Chaque année, de 3.000 à 4.000 patrons seraient placés en garde à vue. « Seulement 1,5 % d’entre eux sont renvoyés devant un tribunal correctionnel. Mais l’expérience les marque durablement », explique François Beauchêne, fondateur du cabinet de conseil et de formation Parthenia.
De fait, face au feu roulant de questions, Pierre commence à perdre de son assurance. « Dans quelques heures, il sera prêt à tout avouer. Y compris ce qu’il n’a pas fait ! », sourit François Beauchêne. Cet ancien directeur juridique de grands groupes sait de quoi il parle : il a vécu une vingtaine de gardes à vue. « Dix-sept se sont plutôt bien passées. Les trois autres ont été cauchemardesques, avec exhibition, menottes, fouille, nuit au dépôt… » Ecrit par Sabine GERMAIN Revue de Presse Talents-Clés Recrutement
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